« Des mortalités d’abeilles 2007/2008 catastrophiques », selon le président du SPMF
Ecrit le mars 27, 2008
Alors que le président de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf), Henri Clément, vient d’affirmer à la presse que « la situation [apicole] a continué à s’améliorer au niveau des ruchers français », l’unique syndicat des apiculteurs professionnels (SPMF) tient un langage fort différent. Dans un texte signé par son président, Joël Schiro, on découvre que « les mortalités 2007/2008 dépasseront en ampleur tout ce que nous avons connu dans le passé. »
« Les nouvelles du terrain sont absolument catastrophiques », souligne Joël Schiro. « Il n’y a pas si longtemps, les pertes hivernales d’un rucher bien conduit se situaient aux alentours de 2 ou 3%, et le total des bourdonneuses de l’année ne dépassait jamais 5%. Il est désormais habituel de constater 5 à 10% de pertes hivernales et 10 à 20% de bourdonneuses au total de la saison. Disons-le clairement, 15 à 30% de pertes annuelles pour les ruchers les mieux conduits, c’est devenu habituel, mais c’est totalement anormal. Ceci dit, on ne parle pas de cela mais de ruchers effondrés à 60, 80, voire 100%. Ces pertes ne sont pas régulières ni concentrées dans des secteurs précis puisque, un peu partout, de beaux ruchers en côtoient d’autres quasi totalement anéantis », ajoute le président du SPMF.
Pourtant, selon l’Enquête prospective multifactorielle sur les abeilles (EPM) réalisée par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) – dont les résultats ont été rendus publics le 15 février 2008 –, il est tout à fait possible de maintenir un taux de mortalité inférieur à 10%. Encore faut-il que les apiculteurs prennent conscience de la pression des agents pathogènes, comme le rappellent les auteurs, qui ont en effet démontré l’importance de « l’attention consacrée par l’apiculteur aux mesures préventives, la détection précoce et l’identification de la varroase » dans la lutte contre les mortalités.
Une nouvelle étude basée sur deux enquêtes (également réalisée par l’Afssa, mais non encore rendue publique), confirme que le niveau d’infestation des ruchers par diverses pathologies est trop souvent négligé par les apiculteurs. « La gravité de la varroase » est sous-estimée en France, explique ce rapport, qui soulève par ailleurs le fait que certains traitements sont réalisés avec des procédés « maison » ou, pire, avec des produits qui ne disposent pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM), comme le coumaphos ou le fluvalinate. Après la publication de cette étude, les services sanitaires français saisiront-ils le dossier afin de sanctionner les quelques apiculteurs qui mettent en péril par leur inconduite la réputation du miel français ?
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Des produits interdits retrouvés dans la cire des ruches, révèle une étude encore non publiée de l’Afssa
Ecrit le mars 27, 2008
Selon une nouvelle étude que l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) devrait très prochainement publier [voir étude afssa] et dont A&E s’est procuré une copie, les résultats de deux enquêtes sur les mortalités hivernales de colonies d’abeilles mettent en évidence :
1- l’absence de résidus d’origine agricole dans les ruchers morts ;
2- que le non-traitement ou les mauvais traitements contre la varroase sont les seuls éléments qui distinguent les ruchers morts des ruchers ayant survécu à l’hiver et bien portants ;3- la présence de substances interdites dans les cires des ruches.
Ces résultats vont clairement « à l’encontre de l’opinion selon laquelle la présence de résidus toxiques d’origine agricole dans les ruchers est la principale cause des mortalités hivernales de colonies en France », peut-on y lire.
L’équipe de Michel Aubert, a entrepris deux enquêtes distinctes durant l’hiver 2005-2006. L’une portait sur sept ruchers localisés sur le plateau de Valensole (Haute-Provence), et l’autre sur dix-huit ruchers répartis dans toute la France (Aveyron, Dordogne, Haute-Garonne, Hérault, Loire, Lozère, Orne, Puy-de-Dôme, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, Rhône, Deux-Sèvres, Vienne). « L’enquête a porté sur le diagnostic des principales maladies des abeilles, la gestion sanitaire conduite par l’apiculteur et la recherche de résidus toxiques dans les abeilles, le miel et la cire. Alors qu’aucune origine toxique agricole n’a pu être attribuée à ces mortalités, la varroase, la nosémose et les maladies du couvain, alliées à une gestion sanitaire déficiente, ont été les caractéristiques communes de toutes les mortalités observées », peut-on lire dans la conclusion. Les auteurs de l’étude soulignent que les « résultats témoignent de la gravité de la varroase et de son ubiquité ». « Il y a une relation directe entre la qualité des traitements contre la varroase et le taux de mortalité. Ce qui ne veut pas dire que d’autres maladies ne sont pas impliquées dans les mortalités. Simplement, elles s’additionnent à varroase », note Michel Aubert.
Cette nouvelle étude confirme trois points essentiels. D’abord, le véritable niveau d’infestation des ruchers par diverses pathologies n’est pas considéré à sa juste valeur. C’est le cas de maladies très répandues, comme celle causée par Varroa destructor, mais aussi d’autres parasitoses, comme celle due à Acarapis woodi (l’acarien des trachées). Cette dernière pathologie avait été retirée de la liste des maladies contagieuses depuis sa raréfaction en France. Pourtant, elle réapparaît . « Sa recherche devrait donc être pratiquée lors des épisodes de mortalité d’hiver et de printemps », estime Jean-Paul Faucon, auteur de l’étude. Le texte souligne également que la nosémose, fréquemment mise en évidence lors des analyses effectuées depuis 1987, est présente, mais sans signes cliniques apparents, « ce qui conduit à négliger sa pathogénie ». Ne disposant alors pas de méthode d’analyse pour distinguer Nosema sp de Nosema ceranae, l’équipe de l’Afssa est restée très discrète quant au rôle de ce protozoaire. Toutefois, l’étude note que « Nosema ceranae, décrite récemment par Higes et suspectée d’être plus pathogène que N. api., est présente en France depuis au moins 2002 ».
Les chercheurs de l’Afssa rappellent que « parmi les actions perturbatrices de Nosema sp. et/ou de Varroa destructor, en automne et en hiver, il faut citer l’atrophie des glandes hypopharyngiennes et la transformation anticipée des abeilles d’intérieur en butineuses, qui est à l’origine du symptôme de ruche vide avec fortes réserves de miel et de pollen ». Déjà, en 1983, ce symptôme avait été décrit en France, bien avant la mise sur le marché des insecticides systémiques d’enrobage des semences.
Pourtant, bon nombre de responsables apicoles continuent à sous-estimer l’importance du rôle des pathologies dans les mortalités d’abeilles. « Ils attribuent souvent d’emblée la mortalité hivernale à des causes toxiques – au premier rang desquelles ils placent l’imidaclopride ou le fipronil ». A leur décharge, il faut reconnaître que « l’efficacité variable des traitements, la variabilité et la disponibilité en qualité et en quantité de l’alimentation pollinique, la rigueur variable des conditions météorologiques agissant seules ou en synergie avec les agents pathogènes… sont autant de facteurs qui modulent l’influence du varroa sur les abeilles, particulièrement en période automnale de préparation à l’hivernage », indique l’étude.
L’étude soulève surtout le problème des traitements des maladies. Lorsqu’ils sont réalisés, c’est d’une part trop souvent avec des procédés « maison » (comme des lanières imbibées d’amitraze (bricolage dont l’efficacité est toute relative). D’autre part, certains traitements sont effectués avec des produits qui ne disposent pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM), comme le coumaphos (un organophosphoré neurotoxique retrouvé jusqu’à hauteur de 4,08 mg/kg dans les cires !) ou le fluvalinate (un neurotoxique de la société Makteshim). Or, à lui seul, le coumaphos pourrait être responsable d’une toxicité chronique, estiment les auteurs. « Différentes raisons expliquent la réticence des apiculteurs à utiliser des traitements ayant une AMM, parmi lesquelles le coût et l’efficacité », note Michel Aubert. Il est vrai que parmi les trois médicaments qui disposent d’une AMM en France, l’Apistan (à base de tau-fluvalinate) induit l’apparition de résistances, l’Apiguard (à base de thymol), a une efficacité moyenne, et l’Apivar (à base d’amitraze) donne parfois de mauvais résultats, sans que les raisons de ces échecs soient toujours identifiables. Ainsi, il est surprenant que les syndicats apicoles – qui par ailleurs n’hésitent pas à solliciter les bons services du ministère de l’Agriculture au sujet des pesticides – ne se préoccupent pas davantage de l’impasse de la protection sanitaire à laquelle est confrontée l’apiculture française.
Dernier point, « alors que les pesticides font l’objet d’une suspicion croissante, ils sont absents des ruchers de toutes origines qui ont subi des mortalités importantes et que nous avons analysés dans cette enquête », constate l’équipe de l’Afssa. Certes, à force de campagnes médiatiques, on a presque fini par oublier que les abeilles pouvaient mourir d’autre chose que d’intoxications chimiques…
Entre la première étude de l’Afssa sur les mortalités d’abeilles, effectuée durant l’hiver 1998, et aujourd’hui, « la situation sanitaire des ruchers français est restée aussi préoccupante. L’impact de la varroase est toujours fort, et peut-être même s’est-il accru en raison des signes de désintérêt des apiculteurs pour la pathologie classique et sa prévention ». « Aucun de ces résultats ne nous surprend », commente Jean-Paul Faucon, qui ajoute que ceux-ci « sont comparables à ceux que nous avions obtenus lorsque nous avions recherché l’origine de la mort de quarante et un ruchers survenue lors des hivers 1998-1999 et 1999-2000 en France, et que nous avions mis en évidence le rôle dominant de la varroase, associé à l’utilisation de traitements acaricides insuffisamment efficaces, et celui de Nosema » .
L’apiculture française est donc en train de payer très cher l’entêtement pathétique de ses responsables, qui n’ont que le mot « pesticide » à la bouche.
1 : Mortalités de colonies d’abeilles (Apis mellifera) au cours de l’hiver 2005-2006 en France : enquête sur le plateau de Valensole et enquête générale. Jean-Paul Faucon, Marie-Claude Clément, Anne-Claire Martel, Patrick Drajnudel, Sarah Zeggane, Frank Schurr et Michel Aubert, Afssa.
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Les apiculteurs ont le bourdon
Ecrit le mars 17, 2008
Il y avait la varroa jacobsoni, il y a désormais la nosema ceranae, un protozoaire qui décime les ruches jurassiennes. Sur 23 000 ruches recensées, 2 500 sont mortes. Une hécatombe.
Le phénomène a surpris les apiculteurs. En décembre, après plusieurs semaines de températures clémentes, ils se sont retrouvé devant des ruches vides ! À peine une poignée d’abeilles mortes, du pollen et du miel en quantité suffisante pour passer l’hiver.
Pour Raymond Borneck, président du syndicat des apiculteurs jurassiens, l’affaire ne fait pas de doute : « Les abeilles se sont envolées pour aller mourir ailleurs. » Le problème, c’est que ces morts en série ne datent pas d’hier. En fait elles ont commencé il y a trois ans, avec un léger tassement l’an dernier. Du coup, c’est aujourd’hui la panique. Sur les 23 000 ruches du Jura, on estime que 2 500 sont mortes, tant chez les apiculteurs professionnels (une vingtaine) que chez les 300 amateurs déclarés et tant sur les plateaux qu’en plaine. Et encore, il s’agit là d’un chiffre global puisque la mortalité est variable d’un rucher à l’autre. Certains producteurs ont absolument tout perdu.
D’où vient cette hécatombe ? Vraisemblablement d’une conjonction de phénomènes. Au Varroa, parasite arrivé du Sud-Est asiatique dans les années 80, pour lequel des traitements existent, se sont ajoutés d’autres facteurs : des conditions climatiques excécrables l’an dernier, des virus, un pollen de mauvaise qualité, des pesticides. Mais surtout, la confirmation d’un protozoaire, la Nosema Ceranae, dont la présence avait déjà été decelée il y a trois ans grâce à une analyse réalisée par un laboratoire espagnol proche de Guadalajara. Pour Raymond Borneck, à l’origine de cette analyse, la Nosema n’est pas une inconnue dans le Jura : « On la trouve aussi dans le ver à soie, mais cette année on était sûrs qu’elle était présente. Comment est-elle arrivée chez nous ? Vous savez, les maladies des insectes font le tour de la planète très rapidement avec la multiplication des échanges mondiaux. Celle-ci vient, elle aussi, du Sud-Est asiatique. »
Le problème avec la Nosema, c’est que les apiculteurs n’ont pas de traitement pour l’éradiquer. Ou plutôt si. Mais il s’agit du Fumidil B, un antibiotique interdit en France. Résultat, la consigne est donnée de désinfecter les ruches à l’acide acéthique et de repartir à zéro, c’est-à-dire trouver des essaims, les acheter (de 96 à 105 euros) et repeupler. L’espoir, actuellement, c’est l’obtention d’une dérogation ministérielle pour utiliser la fumaligine car pour l’instant, il faut bien reconnaître que l’état de la recherche en France ne permet pas d’obtenir des résultats à court terme.
A. Spicher
aspicher@leprogres.fr
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Un réseau national pour protéger l’apiculture canadienne
Ecrit le mars 12, 2008
« La population d’abeilles du Canada a été endommagée et secouée par une série de nouvelles menaces sanitaires », peut-on lire dans un article publié le 20 janvier dans The Canadian Press, qui relate des discussions qui ont eu lieu lors des réunions nationales du Conseil canadien du Miel (Canadian Honey Council) et de l’Association canadienne des professionnels de l’apiculture (Canadian Association of Professional Apiculturists), courant janvier. Il est surtout question de mettre en place un réseau de recherche et des méthodes de surveillance pour protéger l’apiculture.
Selon ces deux associations apicoles, l’année dernière a en effet été très éprouvante pour les apiculteurs dans tout le Nord de l’Amérique. Presque 30 % des colonies d’abeilles canadiennes sont mortes durant l’hiver dernier, c’est-à-dire deux fois que d’habitude. « Tout comme les Etats-Unis, notre pays a rencontré des pertes sans précédent depuis deux ans », explique Stephen Pernal, un chercheur canadien de Beaverlodge, dans le nord ouest de l’Alberta. Le Pr Bill Currie, entomologiste à l’université de Manitoba, estime qu’une des causes réside dans le fait « que les acariens qui sont porteurs de différents virus sont devenus résistants aux méthodes de lutte qui les maintenaient traditionnellement sous contrôle. Ils agissent en fait comme des aiguilles sous-cutanées, injectant des nouveaux virus dans les abeilles. Or, nous savons très peu de ces virus. » C’est ce qui explique que de nouvelles souches de maladies se sont transformées à partir de formes existantes, rendant très difficile la distinction entre ces différentes formes. « Afin de déterminer ce qui aurait pu affecter les colonies l’an passé, nos chercheurs ont du envoyer des échantillons à des laboratoires en Suède et aux Etats-Unis pour pouvoir faire une analyse plus approfondies », poursuit le Professeur Currie. entomologiste à l’université de Manitoba, estime qu’une des causes réside dans le fait « que les acariens qui sont porteurs de différents virus sont devenus résistants aux méthodes de lutte qui les maintenaient traditionnellement sous contrôle. Ils agissent en fait comme des aiguilles sous-cutanées, injectant des nouveaux virus dans les abeilles. Or, nous savons très peu de ces virus. » C’est ce qui explique que de nouvelles souches de maladies se sont transformées à partir de formes existantes, rendant très difficile la distinction entre ces différentes formes. « Afin de déterminer ce qui aurait pu affecter les colonies l’an passé, nos chercheurs ont du envoyer des échantillons à des laboratoires en Suède et aux Etats-Unis pour pouvoir faire une analyse plus approfondies », poursuit le Professeur Currie.
Le problème des abeilles ne concerne pas que les producteurs de miel, rappelle Stephen Pernal. Tout comme aux Etats-Unis, l’apiculture a un impact sur l’agriculture qui dépend des pollinisateurs domestiques. C’est le cas des cultures des pommes, des airelles, des myrtilles et des framboises, mais aussi de certains hybrides de colza, le canola, qui est beaucoup cultivé dans tout l’ouest du Canada, précise Stephen Pernal.
Un réseau de surveillance pourrait représenter le premier stade d’un meilleur système d’avertissement pour détecter les problèmes et permettre aux apiculteurs d’agir avant que leurs ruches soient affectées, poursuit le chercheur. Certaines provinces, tels que l’Ontario, ont déjà un très bon réseau de surveillance, ce qui n’est pas le cas des provinces de l’est canadien. Cependant, il reste encore à convaincre les responsables politiques de la nécessité de participer au financement de ce réseau.
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Plus d’abeilles en Grande Bretagne d’ici dix ans : info ou intox ?
Ecrit le mars 12, 2008
Selon l’Association des apiculteurs britanniques (BBKA), les abeilles pourraient disparaître de Grande Bretagne dans moins d’une décennie ! C’est en tout cas ce que rapporte le journaliste Jasper Copping, dans l’édition du 20 janvier 2007 du journal britannique Telegraph. A Londres, on estime qu’environ 4 000 ruches - deux tiers des colonies d’abeilles dans la capitale - sont mortes l’hiver dernier. « Certains apiculteurs très expérimentés ont subit des pertes de colonies dans des circonstance assez mystérieuses », confirme l’entomologiste Norman Carreck, dans un autre article, en date du 12 février, et publié dans le BBC News Magazine.
Outre-Manche, ce ne sont les pesticides agricoles, qui sont mis en cause, mais une forme plus virulente de maladies, poursuit Tim Lovett, le président de BBKA. Il souligne également l’insuffisance des méthodes de lutte disponibles contre certains pathogènes. Surtout depuis que l’acarien Varroa destructor est devenu résistant à certains traitements. Un diagnostic que confirme Norman Carreck. Interrogé par Jasper Copping, le Pr. Francis Ratniek, spécialiste des abeilles à l’université de Sheffield, averti : « S’il y avait un effondrement des abeilles les effets sur la Grande Bretagne seraient immenses. Or, nous n’avons pas eu notre part en financements pour la recherche sur les abeilles, et celle concernant les maladies des abeilles a diminuée, alors que la menace sur les colonies est croissante ».
Aujourd’hui, le syndicat apicole britannique, qui regroupe 11000 adhérents, essentiellement des apiculteurs amateurs, est donc mobilisé pour obtenir du gouvernement un budget de £8 millions pour les cinq prochaines années. « Il faut relancer des programmes de recherche et d’en financer de nouveaux. £8 millions représente le minimum indispensable pour garantir la survie de l’apiculture britannique », estime Tim Lovett. Or, « le gouvernement ne montre aucun signe sérieux pour entreprendre des mesures pour éviter un désastre », note le président. Jusqu’à présent, Lord Rooker, le ministre de l’agriculture, a en effet refusé d’augmenter les dépenses consacrées à la recherche apicole. Même son de cloche du côté du ministère de l’environnement, qui est en liaison avec les scientifiques américains, et qui estime que les mortalités d’abeilles en Grande Bretagne ne sont pas comparables au syndrome de dépopulation connu aux Etats-Unis sous le nom de CCD. Selon le gouvernement, il n’y aurait donc pas de raison de paniquer.
Un avis que partagent certains apiculteurs expérimentés, comme Chris Slade. Apiculteur de Maiden Newton, un petit village dans le sud de l’Angleterre, depuis plus de trente ans, il reconnaît que l’apiculture a toujours connu des hauts et des bas : « On entend beaucoup d’exagérations. L’apiculture a toujours traverser des périodes de prospérités et des périodes de disette ». Outre les nouvelles pathologies, l’apiculteur n’exclu que les variations du climat, pourraient porter une part importante des responsabilités. en particulier les longueurs inhabituelles de l’été. « Les hivers cléments ne sont pas davantage favorables aux abeilles, parce qu’elles sortent trop tôt des ruches. Elles épuisent leur énergie sans pour autant trouver de la nourriture », confirme Norman Carreck, qui insiste sur l’importance de la pollinisation, et donc du rôle des abeilles. Un message qui a parfaitement été compris par la journaliste du Guarden, Alison Benjamin, qui va sortir, courant juin 2008, un livre intitulé : « Un monde sans abeilles ». Et « afin d’apporter un peu de nature dans la ville », elle a mis une ruche dans son appartement actuelle, à Battersea, au cœur de Londres, a-t-elle expliqué à la BBC…
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