La Fnosad réclame enfin des moyens pour combattre la nosémose !
Ecrit le 22 October, 2007
Dans un communiqué daté du 12 octobre 2007, la Fédération nationale des organisations sanitaires apicoles (Fnosad) a enfin demandé aux pouvoirs publics une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) de l’antibiotique Fumagiline pour combattre la progression de la nosémose, pathologie constatée partout en France, et dont la présence dans les ruchers français a trop longtemps été sous-estimée, quand elle n’a pas été carrément ignorée.
Bien qu’aucun laboratoire français ne soit en mesure de reconnaître s’il s’agit de Nosema apis ou de Nosema ceranae, la Fnosad souligne qu’« il est inquiétant d’avoir en cette période de l’année des taux aussi forts de Nosema, quelle que soit l’espèce ». En effet, la présence de nosémose en automne est un signe certain de celle de Nosema ceranae, dont la pathogénicité est bien plus inquiétante que celle de Nosema apis.
« Cela relance donc le problème lancinant de l’absence de médicament disponible (Fumidil B ®) pour le traitement de cette maladie classée réputée contagieuse (MRC) et pour laquelle des mesures “d’éradication” devraient normalement être entreprises », ajoute le communiqué. La suspension de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) du Fumidil B date de 2002. Elle résulte de l’absence de fixation de LMR pour la fumagilline. Il n’est donc pas acquis qu’une dérogation soit accordée, explique le communiqué de la Fnosad. Raison pour laquelle la fédération encourage vivement aujourd’hui les apiculteurs à déclarer la présence de nosemas.
On ne peut que féliciter la Fnosad pour son effort de sensibilisation des pouvoirs publics au problème de ce nouveau pathogène. D’autant plus qu’il y a encore quelques mois, sa position sur ce sujet semblait encore très légère. En effet, dans la revue apicole La Santé de l’Abeille de mai-juin 2007, le Dr Jean-Marie Barbançon écrivait, avec une pointe d’ironie : « Récemment, en Espagne, un nouveau parasite de notre abeille Apis mellifera vient d’être décrit : il s’agirait de Nosema ceranae. Ce parasite a été identifié il y a quelques années chez Apis ceranae en Asie. Cependant, aucune démonstration de son implication dans une maladie de notre abeille n’est apportée par les “découvreurs”. » Curieusement, même la présence de spores de la nosémose n’inquiétait pas outre mesure le vétérinaire-apiculteur, qui concluait en ces termes : « Concernant la conduite à tenir en matière de nosémose, l’apiculteur doit bien comprendre que la présence de spores détectées dans les abeilles n’a pas grande signification diagnostique, ni pronostique. Cette détection n’est qu’un élément de la démarche diagnostique, les observations épidémio-cliniques restant prépondérantes puisque d’elles, et d’elles seules, découleront les mesures préventives de conduite apicole.»
Aujourd’hui, l’état sanitaire des ruches à l’entrée de l’hiver est visiblement assez préoccupant pour que le discours change et que la Fnosad tire la sonnette d’alarme…
» Filed Under Mortalité des abeilles
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