Plus d’abeilles en Grande Bretagne d’ici dix ans : info ou intox ?
Ecrit le 12 March, 2008
Selon l’Association des apiculteurs britanniques (BBKA), les abeilles pourraient disparaître de Grande Bretagne dans moins d’une décennie ! C’est en tout cas ce que rapporte le journaliste Jasper Copping, dans l’édition du 20 janvier 2007 du journal britannique Telegraph. A Londres, on estime qu’environ 4 000 ruches - deux tiers des colonies d’abeilles dans la capitale - sont mortes l’hiver dernier. « Certains apiculteurs très expérimentés ont subit des pertes de colonies dans des circonstance assez mystérieuses », confirme l’entomologiste Norman Carreck, dans un autre article, en date du 12 février, et publié dans le BBC News Magazine.
Outre-Manche, ce ne sont les pesticides agricoles, qui sont mis en cause, mais une forme plus virulente de maladies, poursuit Tim Lovett, le président de BBKA. Il souligne également l’insuffisance des méthodes de lutte disponibles contre certains pathogènes. Surtout depuis que l’acarien Varroa destructor est devenu résistant à certains traitements. Un diagnostic que confirme Norman Carreck. Interrogé par Jasper Copping, le Pr. Francis Ratniek, spécialiste des abeilles à l’université de Sheffield, averti : « S’il y avait un effondrement des abeilles les effets sur la Grande Bretagne seraient immenses. Or, nous n’avons pas eu notre part en financements pour la recherche sur les abeilles, et celle concernant les maladies des abeilles a diminuée, alors que la menace sur les colonies est croissante ».
Aujourd’hui, le syndicat apicole britannique, qui regroupe 11000 adhérents, essentiellement des apiculteurs amateurs, est donc mobilisé pour obtenir du gouvernement un budget de £8 millions pour les cinq prochaines années. « Il faut relancer des programmes de recherche et d’en financer de nouveaux. £8 millions représente le minimum indispensable pour garantir la survie de l’apiculture britannique », estime Tim Lovett. Or, « le gouvernement ne montre aucun signe sérieux pour entreprendre des mesures pour éviter un désastre », note le président. Jusqu’à présent, Lord Rooker, le ministre de l’agriculture, a en effet refusé d’augmenter les dépenses consacrées à la recherche apicole. Même son de cloche du côté du ministère de l’environnement, qui est en liaison avec les scientifiques américains, et qui estime que les mortalités d’abeilles en Grande Bretagne ne sont pas comparables au syndrome de dépopulation connu aux Etats-Unis sous le nom de CCD. Selon le gouvernement, il n’y aurait donc pas de raison de paniquer.
Un avis que partagent certains apiculteurs expérimentés, comme Chris Slade. Apiculteur de Maiden Newton, un petit village dans le sud de l’Angleterre, depuis plus de trente ans, il reconnaît que l’apiculture a toujours connu des hauts et des bas : « On entend beaucoup d’exagérations. L’apiculture a toujours traverser des périodes de prospérités et des périodes de disette ». Outre les nouvelles pathologies, l’apiculteur n’exclu que les variations du climat, pourraient porter une part importante des responsabilités. en particulier les longueurs inhabituelles de l’été. « Les hivers cléments ne sont pas davantage favorables aux abeilles, parce qu’elles sortent trop tôt des ruches. Elles épuisent leur énergie sans pour autant trouver de la nourriture », confirme Norman Carreck, qui insiste sur l’importance de la pollinisation, et donc du rôle des abeilles. Un message qui a parfaitement été compris par la journaliste du Guarden, Alison Benjamin, qui va sortir, courant juin 2008, un livre intitulé : « Un monde sans abeilles ». Et « afin d’apporter un peu de nature dans la ville », elle a mis une ruche dans son appartement actuelle, à Battersea, au cœur de Londres, a-t-elle expliqué à la BBC…
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